jeudi 28 octobre 2010

Etap'O_Perou_Bolivie_Potosi

J+ 22 : Dimanche 24 Octobre 2010




Nous arrivons avec le mini bus de Diana Tours(assez confortable malgré les apparences) vers 2h du matin à Potosi. Nous sommes déposés par le taxi devant l'hôtel San Marcos que nous a réservé l'agence d'Ulluni la veille.
C'est un hôtel à la décoration baroque, très religieuse, autour de San Marco nous le supposons. Pour visiter les mines, vers 9h00, nous sommes pris en charge par une jeune femme parlant anglais avec un fort accent teinté de coca qui lui enfle la joue. Elle nous conduit d'abord dans une boutique où nous devons acheter des produits à offrir aux mineurs que nous pourrions rencontrer. Au choix, il y a : de la coca, des aliments déshydratés (banane, céréales,...), cigarettes sans feu, boissons, et bâton de dynamite. Nous optons sur les conseils de notre guide pour les feuilles de coca et une boisson. Ensuite nous passons dans un local pour revêtir des vêtements de protection , des bottes et un casque de sécurité. Ainsi vêtus nous arrivons devant la mine. On nous équipe d'une lampe frontale.
Nous pénétrons dans la mine Rosario. Nous nous enfonçons lentement dans l'obscurité. La première partie du conduit datant de l'époque des colonisateurs espagnols, ses parois sont consolidées par des pierres. Plus loin les parois ne sont plus étayées que par du bois. Après quelques minutes nous croisons un mineur quittant les lieux où il travaille depuis 5h00 du matin. Il nous parle un peu de ses conditions de travail. Vous le devinez sans doute se ne sont pas les meilleures. Les problèmes principalement rencontrés étant les brûlures dans le dos dues aux batteries des lampes frontales et leur électrolyte réagissant avec l'humidité ambiante.
La carrière d'un mineur se décompose à peu près comme suit:
- Tout d'abord il est "assistant" c'est à dire qu'il pousse les wagonnets remplis de pierre(matière) et tri les cailloux.
- Ensuite au bout de trois-quatre ans, il prépare le matériel pour les mineurs(outillage, dynamite).
- Au bout de quelques années, il peut devenir mineur pour le compte de propriétaires. Il touchera entre 25 et 30 % de la valeur de sa production.
- Enfin, s'il a les moyens il peut intégrer la coopérative et être " à son compte". Mais, cela passe par un droit d'entrée compris entre 150 et 200 $US. L'attribution d'une parcelle d'exploitation est du ressort du conseil d'administration de la coopérative.
La matière extraite par les mineurs est totalement rachetée par des compagnies qui en tire les minerais recherchés (Argent, Zinc, Étain)

Autrefois, les mines de Potosi étaient la propriété de l'état Bolivien. Les mineurs avaient un salaire fixe, des outils performants leur étaient attribués et l'infrastructure de la mine entretenue. Depuis 1985 et la chute boursière des métaux à Londres, l'état Bolivien a abandonné l'exploitation de Potosi. Les mineurs ont souhaité continuer l'extraction des métaux. L'état leur a accordé ce droit mais sans apporter aucune aide financière ni technique. Depuis les mineurs doivent eux même acquérir les outils(marteaux pneumatiques, compresseurs,...) pour pouvoir extraire les quantités suffisantes qui leur permettront de vivre décemment. Il est fréquent que des vols d'outillage se produisent dans la mine.

Lors de notre descente vers les fonds (nous n'irons pas plus bas que 75 m sous la surface) nous rencontrerons des galeries étroites que nous devons franchir quasiment en rampant. Nous ferons connaissances avec Gulac : la divinité que les mineurs  fêtent deux fois par an en lui faisant des offrandes (feuilles de Coca, Cigarettes, alcool,...) afin d'attirer ses bonnes grâces, les protégeant et leur apportant prospérité.


Comme nous sommes un Dimanche, nous ne verrons pas de mineurs en action. Ceci n'est pas sans nous déplaire. Nous aurions certainement été mal à l'aise d'observer des personnes dans la pénibilité de leur quotidien. Nous ressortons au bout de deux heures, en nage car à l'intérieur de la mine il fait environ 35 degrés.


Après avoir retrouvé une allure de touriste, nous faisons le tour de la ville. Celle-ci ne manque pas de charme. Il est très agréable de se promener dans les ruelles avec leurs nombreuses maisons coloniales. Nous déjeunons copieusement dans le restaurant El Fogon à la  décoration sympathique.
Nous finirons notre visite par le couvent Santa Teresa. L'accueil y est chaleureux car les employées connaissent la Bretagne et plus particulièrement les crêpes dentelles, Pont L'Abbé et les coiffes Bigouden...! Le cadre est magnifique car ce couvent est né de la volonté de riches familles espagnoles. Nous sommes obligés d'écourter notre visite car nous avons rendez-vous avec le taxi collectif devant nous conduire à Sucre.


Nous sommes six du voyage. Un homme travaillant dans le tourisme parlant le français, et une jeune mère de famille avec son bébé de deux mois. La route est en excellent état mais la conduite "pittoresque" bolivienne rend le trajet parfois crispant surtout avec la tombée de la nuit. Nous arrivons toutefois indemnes devant l'hôtel de notre choix " La Dolce Vita". Celui-ci, tenu par un couple franco-suisse, est malheureusement complet. Mais le propriétaire donne un coup de fil et nous trouve un autre lieu de résidence. Le taxi, sur ses indications, mous déposera devant ...le consulat de France de Sucre. Le consul arrive an même temps que nous et nous ouvre ses portes. Nous avons le choix entre un petit appartement avec chambre, salon et cuisine ou une chambre avec baño(salle de bains). Nous optons pour la deuxième solution. Comme nous prenons possession des lieux, un jeune couple de français arrive. Ils s'appellent Viviane et Nicolas, Ils logent au dessus de nous. Ces parisiens font une pause d'une semaine à Sucre dans leur tour du monde de dix mois qui débute.

Nous dînons au restaurant Los Balcones qui domine la plaza 25 de Mayo (du 25 mai). Au menu chorizo typique de la région. C'est un peu sec mais bon.

Aucun commentaire: